Dans ce guide
Une fracture se consolide en quelques semaines, mais le plâtre, l’attelle ou l’opération laissent souvent une articulation raide, des muscles affaiblis et parfois la peur de reposer le pied ou de se servir de la main. La rééducation aide à retrouver la mobilité, la force et l’usage du membre. À domicile, elle commence sans trajets, au moment où marcher ou porter quelque chose est le plus difficile.
Les fractures les plus courantes
La rééducation est souvent prescrite après :
- une fracture de la hanche (col du fémur), surtout chez la personne âgée après une chute ;
- une fracture du poignet, souvent après une chute sur la main ;
- une fracture de la cheville ;
- une fracture de l’épaule (humérus) ou de la clavicule ;
- une fracture de la jambe ou de la rotule ;
- un tassement d’une vertèbre, souvent lié à l’ostéoporose.
Quand commencer, et dans quelles limites ?
La rééducation se fait sur prescription du chirurgien ou du médecin. Elle commence souvent à l’ablation du plâtre, ou plus tôt après une opération quand l’os a été fixé.
C’est le chirurgien qui décide quand on peut reposer le pied (l’appui), partiellement puis complètement, et quels mouvements sont permis au début. Le kiné suit ces consignes à la lettre : forcer trop tôt peut déplacer la fracture.
Ce que fait le kiné pendant les séances
Le kiné commence par un bilan : la douleur, le gonflement, ce que l’articulation peut faire, la marche. Il peut ensuite :
- faire dégonfler et soulager la douleur ;
- redonner de la mobilité aux articulations restées immobiles, doucement et sans forcer ;
- renforcer les muscles qui ont fondu pendant l’immobilisation ;
- apprendre à marcher avec des cannes ou un déambulateur, en respectant l’appui permis, puis sans aide ;
- travailler l’équilibre et les réflexes de la cheville et du genou, pour éviter une nouvelle entorse ou chute ;
- pour le poignet et la main, retrouver la force et la précision des gestes du quotidien ;
- assouplir la cicatrice après une opération.
Après une fracture de la hanche
Chez la personne âgée, une fracture du col du fémur est souvent opérée rapidement, et l’objectif est de se lever et de remarcher le plus tôt possible : rester couché fait perdre très vite de la force et de l’autonomie. La rééducation à domicile reprend les levers, la marche avec un déambulateur, les toilettes et les escaliers.
Le kiné aide aussi à éviter une nouvelle chute : renforcement, équilibre et sécurisation de la maison. Parlez au médecin de l’ostéoporose, qui rend les os plus fragiles.
Comment se passe une séance à domicile ?
Une séance dure en général de 30 à 45 minutes. Il suffit d’un lit, d’une chaise stable et d’un peu d’espace pour marcher ; gardez à portée les cannes ou le déambulateur et, si possible, une poche de glace.
Le rythme est souvent de deux ou trois séances par semaine, fixé avec le chirurgien, avec des exercices à refaire chaque jour entre les séances.
Les signes qui doivent alerter
Sous un plâtre : des doigts ou des orteils très gonflés, froids, bleus ou qui ne sentent plus rien, ou une douleur qui augmente fortement, demandent les urgences sans attendre. Après une fracture de la jambe ou de la hanche : un mollet gonflé, rouge et douloureux, un essoufflement soudain ou une douleur dans la poitrine peuvent être le signe d’un caillot : appelez immédiatement les secours (15 ou 141).
Signalez aussi au chirurgien une cicatrice rouge ou qui coule, de la fièvre, ou une douleur nouvelle après une chute.
Le remboursement des séances
Prescrite par un médecin, la kinésithérapie peut être prise en charge par l’AMO (CNSS ou CNOPS) ou par votre mutuelle, selon votre couverture. Il vous faut l’ordonnance et une feuille de soins remplie par le kiné. Sur Kinezy, les kinés qui la fournissent l’indiquent sur leur profil.
Ce guide donne des informations générales. Il ne remplace pas l’avis de votre médecin ou de votre kiné, qui connaissent votre situation.