Dans ce guide
Après une opération de l’os ou de l’articulation (prothèse de genou ou de hanche, ligaments, épaule, fracture), la chirurgie n’est qu’une partie du chemin : c’est la rééducation qui vous aide à retrouver le mouvement, la force et la confiance. La faire à domicile évite des trajets pénibles quand on marche mal, et permet au kiné de vous faire travailler dans votre vrai quotidien : votre lit, vos escaliers, votre salle de bain.
Pourquoi la rééducation compte autant
Après une opération, l’articulation et les muscles autour sont raides, douloureux et affaiblis, parce qu’on les a ménagés avant l’opération et pendant les premiers jours. Sans rééducation, les raideurs peuvent s’installer et la récupération est plus lente ou incomplète.
Le kiné vous aide à bouger au bon rythme : assez pour progresser, sans forcer sur ce que le chirurgien a réparé.
Quand commencer, et sur quelle prescription
C’est le chirurgien qui décide. Selon l’opération, la rééducation peut commencer très tôt, parfois dès les premiers jours, ou après une période de repos de l’articulation. Le chirurgien vous remet une ordonnance de kinésithérapie, avec le nombre de séances, et souvent des consignes précises : ce que vous pouvez faire, ce qu’il faut éviter, et si vous pouvez appuyer sur la jambe.
Donnez ces consignes au kiné dès la première séance, et suivez-les même si vous vous sentez mieux. En cas de doute, le kiné peut contacter le chirurgien.
Ce que fait le kiné
Le kiné commence par un bilan : l’amplitude du mouvement, la force, la douleur, le gonflement, la marche. Il fixe avec vous des objectifs concrets, par exemple monter l’escalier ou plier le genou à un certain angle. Il peut notamment :
- soulager la douleur et réduire le gonflement avec des techniques adaptées ;
- redonner de la mobilité à l’articulation, par des mouvements progressifs ;
- renforcer peu à peu les muscles, en respectant les limites fixées par le chirurgien ;
- réapprendre la marche, avec ou sans béquilles ou déambulateur, puis les escaliers ;
- travailler l’équilibre pour réduire le risque de chute ;
- soigner la cicatrice une fois qu’elle est fermée et que le chirurgien est d’accord ;
- vous donner des exercices à faire seul entre les séances.
Les opérations les plus courantes
Chaque opération a ses étapes. Le chirurgien et le kiné adaptent le programme à votre cas. Voici ce que la rééducation vise le plus souvent :
- prothèse de genou ou de hanche : retrouver la marche, la flexion et la sécurité dans les escaliers ;
- ligaments du genou : récupérer la mobilité, puis la force et la stabilité ;
- épaule (par exemple les tendons de la coiffe des rotateurs) : retrouver peu à peu le mouvement du bras, avec beaucoup de patience ;
- fracture, avec plâtre, vis ou plaque : redonner souplesse et force à la zone qui a été immobilisée ;
- opération du dos (par exemple une hernie discale) : reprendre les gestes du quotidien en protégeant le dos.
Comment se passe la rééducation à domicile
Une séance dure en général entre 30 minutes et une heure. Le kiné apporte le petit matériel dont il a besoin. Il suffit d’un peu d’espace dégagé et d’une chaise stable. Chez vous, il peut vous faire travailler sur ce qui vous attend vraiment : sortir du lit, aller aux toilettes, monter vos propres marches.
Le rythme est fixé avec le chirurgien et le kiné : souvent plusieurs séances par semaine au début, puis plus espacées à mesure que vous progressez.
Bien récupérer entre les séances
Ce que vous faites tous les jours compte autant que les séances :
- faites vos exercices un peu chaque jour, plutôt que beaucoup une fois par semaine ;
- marchez régulièrement, par petits trajets, comme le permettent les consignes du chirurgien ;
- respectez les limites données : ne forcez pas pour aller plus vite, la douleur est un signal à écouter ;
- pour les médicaments contre la douleur, suivez ce que votre médecin a prescrit, et demandez-lui conseil avant d’en changer ;
- sécurisez la maison : enlevez les tapis glissants, dégagez les passages, éclairez la nuit, et mettez si possible une barre d’appui dans la salle de bain ;
- ne sautez pas les rendez-vous de contrôle avec le chirurgien.
Les signes qui doivent alerter
En cas de douleur dans la poitrine, de gêne soudaine pour respirer ou de crachat de sang, appelez immédiatement les secours (15 ou 141) : cela peut être une embolie, une urgence. N’attendez pas la séance de kiné.
Prévenez rapidement le chirurgien ou votre médecin si vous remarquez : un mollet gonflé, rouge, chaud ou douloureux ; de la fièvre ; une cicatrice rouge, chaude, qui coule ou qui s’ouvre ; une douleur qui augmente malgré le traitement ; un engourdissement, ou un pied ou une main froid ou pâle ; ou après une chute. Le kiné peut aussi vous orienter s’il remarque l’un de ces signes pendant la séance.
Le prix et le remboursement
Une séance de kiné à domicile coûte en général entre 200 et 600 DH, selon la situation. Prescrite par un médecin, la kinésithérapie peut être prise en charge par l’AMO (CNSS ou CNOPS) ou par votre mutuelle, selon votre couverture. Il vous faut l’ordonnance et une feuille de soins remplie par le kiné. Sur Kinezy, les kinés qui la fournissent l’indiquent sur leur profil.
Ce guide donne des informations générales. Il ne remplace pas l’avis de votre médecin ou de votre kiné, qui connaissent votre situation.